Fait-main & éco-responsable : par où commencer ?

Photo : Nynne Schrøder – Unsplash

Fin 2016 marque chez moi le début d’une prise de conscience environnementale dans mes modes de consommation. Je lis avec un intérêt grandissant les articles que je trouve sur le zéro déchet, astuces anti-gaspi et autres, je pars à la recherche d’épiceries vrac dans mon quartier, j’arrête progressivement les coton-tiges et lingettes jetables. Bref, comme pas mal de personnes dans ma tranche d’âge, je découvre des modes de consommation plus durables, et surtout ceux qui conviennent à mon mode de vie de jeune célibataire urbaine. Je me pense sur une sorte de courbe ascendante de l’écologie à la maison en somme.

Jusqu’à cet été.

Je me trouve alors dans une boutique de loisirs créatifs où j’étais partie chercher quelques pelotes. Devant moi, des trésors visuellement plus appétissants les uns que les autres, et une envie folle de repartir les bras chargés de pelotes colorées comme des bonbons. Et soudain, une pensée me vient : à quoi ça sert de vider mes placards et de moins acheter de vêtements si c’est pour claquer mes sous dans des pelotes en coton ou en acrylique, toutes aussi polluantes pour l’environnement qu’un jean neuf ? Quelle est la véritable empreinte carbone de ton pull fait-main en alpaca péruvien ?

Depuis, je suis dans une quête du raisonnable et du bon sens dans ma pratique du crochet. Ma récente et modeste transition m’amène à penser que devenir « écolo », dans n’importe quel domaine, ça commence par une consommation responsable. Voici donc les 5 conseils que j’ai appliqués dans ma philosophie du fait-main durable.

Un avant-propos tout d’abord : cet article relate mon expérience personnelle d’achats raisonnés dans le domaine du fait-main. Il ne cherche en aucun cas à juger vos envies, votre capacité de changement, ou à vous culpabiliser. Le chemin vers des pratiques éco-responsables est long est semé d’embûches même pour les âmes volontaires, ponctué d’injonctions publicitaires tordues et de culpabilisation individuelle. Il relève également de dynamiques financières et psychologiques propres à chacun. Que celui ou celle qui n’a jamais acheté un top en « fast fashion » ou un plat préparé hydrogéné me jette la première pierre. Je milite pour un changement progressif des habitudes du plus grand nombre, dans la bienveillance et le respect d’autrui 🙂

Je vous partage donc quelques conseils grapillés depuis quelques mois :

  • Pas de nouveau matériel sans projet défini : comme toutes les personnes s’adonnant à un loisir créatif, la joie des premières créations a déclenché bon nombre d’achats compulsifs « au cas où », de « oui mais c’était en soldes ! » ou encore de  » prenons une pelote de cette adorable laine turquoise parce que j’adore cette couleur, même si je ne vais pas pouvoir en faire grand-chose avec cette quantité réduite ». Vous imaginez la suite : des caisses et des caisses de matériel à stocker dans un appartement parisien où les murs sont encore moins extensibles qu’ailleurs, et un vague sentiment de remord quand on se rend compte qu’on avait déjà à peu près 12 autres pelotes de ce coloris magnifiques sans lequel on ne se voyait pas vivre 30 mn auparavant. J’ai donc pris la décision d’acheter de nouvelles pelotes uniquement quand j’avais un projet précis en tête. De cette façon, je peux faire tranquillement mes recherches sur le type de matériel dont j’aurai besoin et choisir des biens de meilleure qualité. Je garde aussi en permanence sur moi une photo de mon stock pour me rappeler ce que j’ai déjà en ma possession (pour les fameuses situations « pelotes turquoises »). Sans rien vous cacher, les premières minutes sont parfois douloureuses dans mon cerveau en attente de son shoot de dopamine. Mais on prend vite le pli !

  • Aller vers du matériel de seconde main : si vous me suivez sur Instagram, vous savez que j’adore aller fouiner dans le stock gigantesque de ma grand-mère Yolande qui a tricoté toute sa vie. Le plaisir de réaliser des créations avec mes dix doigts est décuplé par la satisfaction d’utiliser des ressources vieilles de plusieurs décennies, et qui n’auraient plus jamais vu la lumière du jour. Je pense notamment à mes petits cactus ou au lapin Jupiter que je suis en train de terminer. Dans la mesure du possible, je tente de poursuivre mes efforts en misant sur les ventes d’occasion : on trouve parfois de jolis lots avec des mots-clés adéquats sur Leboncoin, pour un prix franchement dérisoire (cela est aussi vrai avec les coupons de tissu). Même histoire du côté des Emmaüs ou autres dépôts-ventes qui possèdent souvent une partie sur les loisirs créatifs avec crochets et aiguille à 50 centimes. Je pense également aux braderies de certain-e-s créateurs-trices qui cherchent à vider leur stock quelques fois par an. J’étais notamment tombée cet été sur une braderie de la charmante Mlle Quincampoix, créatrice parisienne à l’origine du compte @trendy_tricot où j’étais repartie avec une série de jolies pelotes en coton que j’étais sûre d’utiliser pour des amigurumis. J’avais dû payer 10 euros la quinzaine de pelotes.

  • Trouver des modèles en accord avec ses chutes ou ses fins de pelotes : cette section mériterait un article à elle toute seule : quoi de plus frustrant que la vue de ces pelotes orphelines, victimes d’une mauvaise appréciation des quantités requises dans un projet ou achetées sur un coup de tête ? Plusieurs solutions existent pour les utiliser au mieux : coloris de granny squares, pompons décoratifs sur des coussins, petits amigurumis (je pense notamment à des jouets pour animaux, type balle ou petite souris)… les possibilités sont larges. J’ai notamment eu recours à cette technique pour la réalisation du petit lapin Jupiter de la créatrice Projectarian, et dont l’article arrive très bientôt sur le blog. Je n’ai rien eu besoin d’acheter pour ce modèle et j’ai pu utiliser des fins de pelotes bleues et jaunes qui se mariaient bien ensemble. Je reviendrai sûrement sur cette thématique dans un prochain article !

  • Essayer de fabriquer des objets du quotidien : toujours dans l’idée de réduire ses achats du quotidien ou le recours aux matières plastiques, j’essaie au maximum de créer mes propres systèmes de rangement grâce au crochet : corbeilles décoratives, vide-poches, paniers de douche, tapis, … Là encore, les tutoriels ne manquent pas et j’essaierai de les rassembler dans un seul et même article très prochainement si cela vous intéresse.

  • S’informer sur les matières qu’on utilise : vous vous rappelez certainement de mon premier top d’été Una réalisé … en acrylique et polyamide. Non seulement l’idée n’était pas brillante pour un habit d’été (#suffocation), mais je n’avais aucune idée de la provenance de ces matières: je les avais uniquement sélectionnées en fonction de leur douceur et de leur couleur. Depuis, j’essaie au maximum de m’informer sur le coût environnemental des matières dérivées du pétrole (acrylique et autre) ou du coton, dont la culture est particulièrement gourmande en eau. Non seulement cela vous permettra d’utiliser les matières les plus appropriés à vos travaux, mais vous donnera également une idée du coût environnemental de ce que vous vous apprêtez à passer sous vos aiguilles. Encore une fois, je privilégie l’approche des petits pas et j’utilise d’abord les ressources que j’ai sous la main, avant de faire des achats plus conscients d’ici quelques mois. L’article de la créatrice Lise Tailor sur cette thématique est particulièrement simple et éclairant !

Vous êtes toujours là ? Bravo vous êtes des champions. Finissons ces conseils sur une note optimiste : je n’ai pas forcément l’impression de me limiter dans ma création. Bien au contraire, jouer avec un certain nombre de contraintes me force à faire marcher mes neurones ou mon sens créatif pour faire aboutir mes plans. Et puis, être créative c’est déjà un bon départ : cela signifie qu’on a déjà commencé à réfléchir à sa consommation de biens et qu’on est prêt-e à investir du temps et de l’énergie au lieu d’acheter de manière moins automatique.

Quelles sont vos astuces pour faire rimer créativité et écologie dans votre pratique du fait-main?

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